Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus

J'en parlerai à mon cheval !

albertine maurice christophe mauriceCe n'est une nouvelle pour personne : les hommes et les femmes présentent quelques différences physiques et biologiques. Différences somme toute minimes au regard de leurs nombreux points de similitude. Un homme ressemble davantage à une femme qu'un éléphant à une girafe. Et pourtant ces deux derniers mammifères résident sur une même planète.

Pour le genre humain, les choses sont plus compliquées puisque - si l'on en croit Gray John - les hommes viendraient de Vénus, les femmes de Mars. Pour qu'une rencontre demeure possible, au travail, au lit ou ailleurs, consommer les écrits dogmatiques de Gray John ressemble à un passage obligé.

Ses livres ont d'ailleurs fait le tour de la terre en même temps que la joie de leur auteur. Reste à savoir ce que l'intelligence humaine a gagné au passage. A notre avis pas grand-chose...

En effet, que peut bien nous apporter l'exagération de ce clivage symétrique entre les hommes et les femmes et la profusion d'ouvrages de cette farine ? Chacun sait qu'aux premiers jours de notre existence, nous sommes indifférenciés et que par la suite on retrouve un peu de genre féminin chez la femme et un peu de genre masculin chez l'homme. Les deux archétypes animus-anima de Jung ou encore le yin et le yang chinois expriment d'ailleurs bien ce dualisme universel.

Du reste, des auteurs comme Catherine Vidal, neurologiste à l'Institut Pasteur (lire d'elle "Cerveau, sexe et pouvoir" paru chez Belin) dénoncent le fait que l'on attribue un peu hâtivement un sexe au cerveau. Aucune base scientifique sérieuse ne permet d'accréditer une "programmation" neuronale sexuelle prédéterminée et les chercheurs n'observent pas de différences d'activation cérébrale entre les sexes. Hommes ou femmes, c'est notre histoire individuelle qui façonne notre cerveau tout au long de la vie. Et les facteurs sociaux et culturels jouent un rôle majeur dans ce façonnage.

Pour notre part, nous pensons qu'il est néfaste - voire dangereux - de continuer à poser des limites et des différences de capacité entre les hommes et les femmes. En outre, nous avons la conviction que l'intelligence de l'autre passe par le respect de toutes les différences, de toutes les singularités et que les individus sont largement au-delà des étiquettes, y compris sexuelles, qui prétendent les décrire ou les catégoriser.

Les livres Mars et Vénus ressemblent à un retour idéologique sexiste aux relents de hamburger. On peut jeter les livres de Gray John et occuper son temps libre à s'interroger sur les raisons qui nous ont conduits à les acheter !

Albertine et Christophe Maurice
© albertinemaurice.com
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